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Les ateliers de lecture d'images
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Les ateliers de lecture d'images
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Des ateliers d'initiation à la lecture des mythes et des contes, voilà une belle perspective d'avenir pour qu'on en finisse avec les anti-contes et autres fadaises littéraires.
Ce qu'il faut comprendre avec l'exercice de la lecture d'images, c'est qu'il s'agit de commencer par se persuader que les images ont le pouvoir de nous parler. Mais leur signification ne nous est accessible que si dans un premier temps nous faisons taire notre pensée raisonnante, pour les laisser pleinement vivre par elles-mêmes, dans une nouvelle dimension de notre être, la sensibilité imaginative, celle des petits enfants, terreau de la pensée intuitive à venir.
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Exemple de travail
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Une participante lit le récit du 9ème travail d'Hercule, la ceinture d'Hippolytée. On y apprend que la fille d'Eurysthée réclame à son père la ceinture de la reine des amazones Hippolytée. Hercule est chargé d'aller la prendre. Quand il arrive chez les amazones, la belle et fougueuse Hippolytée tombe amoureuse du héros et promet la ceinture sans difficultés. Mais Héra, toujours vindicative, fait courir le bruit qu'Hercule veut enlever la reine. Aussitôt les amazones fondent sur le campement du héros, pleines de rage. Celui-ci croit à une trahison d'Hippolytée, tue la reine endormie et part avec la ceinture après avoir semé le chaos dans le pays.
Temps de silence. Vide. Nous sommes des archéologues devant une montagne de sable. Puis on s'efforce de capter une image. On a cette ceinture ; qu'est-ce qu'une ceinture ? On réfléchit sur le verbe "se ceindre", puis à une enceinte, enfin à une femme enceinte qui se sent comme auréolée, agrandie. On s'étonne de l'expression "tomber" enceinte que l'une trouve malheureuse. Mais le corps n'est-il pas la "tombe" de l'esprit qui vient au monde ? Nous avions travaillé l'image de Pluton, dont le royaume est le centre de la terre, et qui capture la belle et pauvre Perséphone, l'âme dont le palais était au ciel parmi les dieux ! Chacun y va de sa sensibilité et de ses connaissances. La ceinture, c'est aussi celle que reçoit le chevalier lors de l'adoubement ; c'est elle qui supportera le baudrier contenant l'épée, ou la gourde pour la soif. Sa forme rappelle à un autre l'anneau, image de la conscience de soi, de l'affirmation de sa personne, et l'on développe ce que signifie l'échange des anneaux, le renoncement à l'égoïté. L'on revient à la ceinture pour conclure après ce vaste tour d'horizon : elle marque un territoire, une royauté ; sans doute est-elle en fer puisque Hippolytée est fille de Mars. Or le fer est une marque d'affirmation de soi.
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Exemple de travail - suite
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On revient au récit. Admète, la fille qui exige la ceinture, devient pour l'un une adolescente vaniteuse qui veut la gloire, le pouvoir ; pour l'autre, elle a besoin de protection, elle manque d'assurance.
On en arrive à la rencontre Hercule - Hippolytée, pour remarquer que ces personnages se ressemblent, ils sont beaux, musclés, à la peau brune. Chacun voit en l'autre son double complémentaire. C'est ce qui se vit dans toute rencontre amoureuse. La sauvagerie belliqueuse d' Hippolytée est vaincue par l'amour.
Mais la suite tragique du récit invite à s'interroger sur l'amazone. Qu'est-ce qu'une amazone ? Elle est dépeinte avec précision. On apprend qu'Hippolytée a eu un fils qui s'est suicidé par amour pour…sa mère. On sent alors que l'on touche à des zones très secrètes de la psychologie : la femme ne souhaite-t-elle pas inconsciemment que son homme soit aussi son enfant ? etc… le débat s'anime.
Retour aux amazones, pour remarquer qu'elles n'ont qu'une moitié de poitrine (elles se sont coupé un sein) et qu'elles montent avec les jambes sur une moitié de cheval. Ce sont des êtres " moitié " qui n'arrivent pas à trouver leur complémentarité.
On ne peut qu'être saisi alors par la modernité de ces images qui renvoient aux femmes qui refusent leur féminité en prétendant l'affirmer par leur indépendance - la femme " au petit cul de mec " (Dr Fageot) - et refusent de se perdre dans la vie des sentiments.
Le récit s'éclaire : dans la relation amoureuse vient toujours un moment où l'on se demande si l'autre ne cherche pas à vous dominer. C'est l'activité d'Héra qui envoie alors toute une cavalcade de pensées (les amazones) qui présupposent les intentions de l'autre, mettent les nerfs à vif, et l'on affute ses couteaux. En somme, le doute s'installe, se fait certitude, et c'est l'amour (Hippolyté) assassiné. Héra, c'est la copine qui dit " Comment ça, tu es amoureuse de ce type ? Mais tu es folle, ma pauvre. Tu ne vois pas qu'il se joue de toi ? " tout simplement parce qu'elle-même a échoué dans l'aventure de l'amour, et qu'elle veut se donner bonne conscience.
Le temps a passé, et l'on sent qu'il y a encore bien des choses à dire sur cette ceinture qu'apporte Hercule à Admète, fille d'Eurysthée, cette ceinture de fer fruit d'un assassinat. Drôle de trophée ! Or ce " travail " d'Hercule a une prolongation avec le devenir d'une autre jeune fille…
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Poème
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Ô image,
A moi tu te présentes
Fixe et structurante
Mais occulteuse des rayonnants messages.
En toi qui apparais à mon regard
Au réveil de toutes mes terreurs
Je trouve calme, amitié, et mon cœur,
Rassuré, prend un nouveau départ.
Une chaise, une veste, le tablier tâché,
Tout ce que je vois me restitue à moi.
De chaque objet, de chaque pierre,
Chat ou visage d'homme dont j'ai donné un poids,
J'ai fait un ami, une lumière
Pour éclairer mes pas flageolants sur la route.
Et puis, renonçant aux douceurs du moment,
J'ai crié " Larguez les amarres, toutes ! "
J'ai épié la vie, sondé les éléments ;
Pressentant le grand à l'heure du crépuscule,
J'ai pris mon gourdin et cogné sur l'apparence.
Image, tu es " in mago ", tu dissimules,
Tantôt voluptueuse, excitant la jouissance,
Tantôt ténébreuse, fille du désespoir.
En vérité, ô amie, tu es grande menteuse,
Car si en toi je puis aujourd'hui me voir,
Je puis aussi me perdre, belle sulfureuse.
Maintenant je sais qui tu es,
Celle dont je dois lever le voile
Pour atteindre l'esprit par derrière caché,
Entendre enfin la voix d'au-delà les étoiles.
La confondante,
Là.
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